Edito du mois de mai

ÉDITO DU MOIS DE MAI

Après quelques mois tendax, quasi au bord de l'hystérie collective, Retard Magazine prend un peu de recul et se la joue meuf à sandalettes. A la coule quoi.
C'est pas trop tôt tu me diras. On va bientôt fêter nos deux ans, et, même si ce n'est pas HALLUCINANT, ça commence à chiffrer. On a donc décidé de se la jouer adulte, et de se professionnaliser un petit peu. Pour toi, lecteur, ça ne va pas changer grand chose. C'est comme quand t'as acheté ton premier soutif alors que t'avais rien à mettre dedans. C'est que dalle physiquement mais TU TE SENS UNE VRAIE FEMME. Il va se passer la même chose pour ce site dans les mois qui viennent. On va se structurer, se donner les moyens d'aller plus loin, surement connecter tous nos projets (la musique !! les fêtes !! le dessin !! l'écriture !!) et en faire ce dont on rêve depuis si longtemps. Time has come les chouchous. Retard a les einss qui poussent et va devenir quelqu'un de bien.
On se retrouve tout au long du mois de mai avec encore de nouveaux collaborateurs, plein d'interviews de groupes de meufs trop cools, et la certitude qu'on tient le bon bout à la veille de l'été.
Mais bon, toi-même tu sais.
Comme d'habitude, tu sais où nous trouver (un mail à Retardquejamais@gmail.com pour tout gros bisou ou proposition) et nous on t'embrasse, pas avec la langue, mais avec une passion en flux tendu super belle, un truc à la limite de la pulsion mais en maitrisé.
Ton amie Marine

jeudi 16 mai 2013

DERNIER ÉPISODE SENTAI par Vincent, illustration Anna Wanda



Bon alors, les histoires dans les Sentai vous vous dites que c’est bien la dernière chose à aller voir ! Sérieusement, on peut regarder Mad Men ou les Sopranos et moi je vais vous parler de séries japonaises pour enfants ?
A vrai dire, dans les années 1980 les histoires n’étaient vraiment pas géniales, bien que l’on puisse distinguer des perles. Je vais me concentrer sur une série diffusée en France : 
Liveman.



Liveman raconte l’histoire de trois héros, qui se battent contre trois de leurs anciens camarades. Les six protagonistes nous sont présentés comme élèves à l’Academia, un genre d’école pour scientifique internationale, une utopie complètement irréalisable même aujourd’hui.
Les trois anciens camarades se sont échappés de l’Academia (tuant deux élèves au passage) pour se mettre sous les ordres du Docteur Bias, chef de l’armé Volt, sous prétexte qu’ils étaient trop intelligents pour le niveau de l’Academia. L’armée Volt aurait sûrement plus à leur apporter et c’est comme cela qu’ils ont décidé de s’enrôler.
Pour résumer, l’histoire nous raconte la descente aux enfers de ces trois individus, sous le regard impuissant des trois héros, et ce à travers une critique du système scolaire japonais. SI JE VOUS PROMETS !
En effet, de nos héros issus d’une école d’élite, aux trois antagonistes qui pensaient valoir mieux que ça, en passant par des épisodes où des monstres se nourrissent du stress des élèves qui bûchent, tout tourne autour de cette question du système scolaire.
Dans la seconde moitié de la série, les trois antagonistes sont classés Bias à travers un système de notation, qui n’est là que pour augmenter leur efficacité en les mettant en compétition
Et c’est là que la vraie descente aux enfers commence. Le docteur Mazenda, spécialisée dans la robotique, s’était transformée en cyborg (genre sa main c’est un pistolet, elle a un fusil à pompe dans les coudes, et elle lance des missiles de ses genoux). Afin d’obtenir une meilleure notation, elle décide de se transformer complètement en robot, épargnant cependant son cerveau. Ce qui lui vaut d’obtenir le score de 999 et…de se faire poursuivre par Bias, qui veut maintenant se nourrir de son intelligence, car le VRAI BUT DE BIAS (retentissement) c’est d’obtenir la jeunesse éternelle en s’appropriant les neurones de grands scientifiques.
Mazenda s’échappe de la base avec à son dos toute l’armée Volt. Nos trois héros décident de la sauver, car celle-ci regrette tout ce qu’elle a fait, mais elle est finalement capturée. Elle décide donc, afin de sortir de ce cauchemar…de transformer son cerveau en ordinateur, et de se suicider. Le suicide était pour sa repentance, mais pourquoi transformer son cerveau ? Tout cela pour empêcher Bias de se l’approprier, même après sa mort.

Le message à Tarô, 5 ans, qui regarde la série : le cerveau est ton temple, l’endroit dont on ne peut disposer sans ton accord. La société de compétition n’est pas la solution. Sois libre comme les Liveman qui ont utilisés leurs connaissances pour le bien !
Mais le mieux dans tout ça, c’est que même si elle meurt, il reste en fait un autre des trois qui lui aussi était en phase de transformation corporelle (il s’agissait plus de génétique pour lui). Cependant, quand il apprend, avec la mort de Mazenda, ses succès ne profiteraient qu’à Bias…il s’en réjouît, et offre son cerveau à son maître. Bias se nourrit donc de son cerveau (je sais Beuark)…et lui devient un monstre. Voilà l’idée : deviens un monstre si tu ne fais que penser à toi qu’à travers les autres.

SURANALYSE ? Que nenni ! Le scénariste principale voulait vraiment faire passer ce message. Le Japon était en plein période de bulle économique, tout allait au mieux. Les séries Sentai étaient regardées par presque tous les enfants et leurs parents. Mais dans cette société, il y avait un truc qui puait. Et ça avait sûrement à voir en partie avec l’éducation des enfants.

Les scénaristes, pas trop cons quand même, avaient remarqué la puissance d’audience du show…et ont décidé de l’utiliser à bon escient.
Est-ce que cela a marché ? Sûrement pas. Mais l’intention était là…et c’est la vraie bonne chose !
Si ça vous a plus, je peux passer à une autre série.

Jetman !



Jetman, on l’a aussi eu en France. Et surtout, c’est LA série qui a tout changé au Sentai. En effet, bien que Liveman semble être super dark avec ce que j’ai dit, la série ressemble aux autres  si on ne se plonge pas dans la suranalyse comme je l’ai fait: des mecs en spandex qui se foutent sur la gueule.

Mais Jetman a tout changé.
On reprend. Dans les épisodes précédents, je vous avais parlé de Bandai, le fabricant de jouet, producteur principal de ces séries. En 1990, les ventes de jouets ont été pourries de chez pourri. La bulle venait d’exploser, et les parents avaient autre chose à faire que d’acheter des jouets hors de prix à leurs enfants. Les Sentai, franchise vieille de plus de 15 ans allaient devoir s’arrêter. Bandai devait reconcentrer ses activités, dans des jouets moins chers et qui demandaient moins d’investissement.
Bandai prévient donc : si la série de 1991 ne fait pas vendre des joujoux à outrance, tout est fini.
Les mecs de la Toei décident alors d’en profiter pour faire tout ce qu’il n’avait jamais pu faire…soit parce qu’ils voulaient que les Sentai connaissent un grand final, soit parce qu’ils n’en avaient plus rien à battre, et qu’ils voulaient juste s’éclater avant d’être au chômage.
Jetman c’est toujours l’histoire de mecs en collant, mais comme on dit, le diable se cache dans les détails.

Cette série était en fait un prétexte pour faire une bonne série pour adolescent. Pour faire simple : la série nous parle d’un triangle amoureux, voire d’un carré amoureux voire d’un pentagone amoureux.
L’histoire commence ainsi : les cinq héros, Jetman, font le test final de leur combinaison de combat. Cependant, avec un timing de malade, les méchants de la série, une bande d’enquiquineurs venant d’une autre dimension, attaquent à ce moment la terre, et plus particulièrement le centre de commande des Jetman. Hormis le chef (force rouge), trois se font tués, et la dernière, en fait la fiancée du chef, se fait aspirer dans l’autre dimension. Les pouvoirs des Jetman morts sont répandus dans l’air et trouvent refuge dans quatre personnes aux quatre coins du mond…du Japon.
L’équipe déjà met un temps fou à se former. Les quatre pauvres mecs qui se sont retrouvés avec les pouvoirs se font prier pour être retrouvés et/ou n’en ont rien à foutre d’être les héros de la terre. On a une fille de bonne famille qui veut juste s’éclater et sortir de son train-train quotidien, une lycéenne de 16 qui a franchement autre chose à foutre, un fermier qui voudrait juste s’occuper de ses vaches, et un rebelle du système qui veut bien se battre mais à condition qu’on vienne pas l’emmerder. La série met un temps fou à donner l’impression qu’on a une équipe au complet, et encore, on n’en a toujours pas l’impression après de nombreux épisodes. Comme s’il restait quelque chose d’inachevé.

Surtout, un malaise s’installe : la fille de bonne famille gagne les grâces du rebelle. Cette dernière est attirée par le chef (force rouge), mais ne dirait pas non aux avances du rebelle. Cependant, force rouge est complètement déstabilisée car l’une des générales des méchants ressemblent à s’y méprendre à son ancienne fiancée.

Dans un épisode, il en perd carrément la tête, et on le voit faire de la balançoire en parlant avec…personne. Il est dans un état de choc après avoir combattu ladite générale, et se réfugie dans une chimère, et ça inquiète pas mal de monde (oui je sais, ça semble nul, mais c’est vraiment bien filmé, de un, et c’est toujours l’idée suivante : c’est dans une série pour enfants).
Cependant, un des autres généraux, qui est un robot à part entière, tombe amoureux de la générale…qui le rejette, mais seulement car il n’est qu’un robot.
La  fin de la série est l’une des plus belles fins que je connaisse.

SPOILER
Après avoir détruit les méchants, et pour force rouge, assistait au suicide de son ancienne fiancée, la série finit sur le mariage de la fille de bonne famille avec le même force rouge qui apparemment est passé à autre chose.
Le rebelle, toujours amoureux de la fille de bonne famille et en route pour la cérémonie, voulant sauver une vieille dame qui s’est fait volé son sac, poursuit le voleur…et se prend un coup de couteau.
Il parvient malgré tout à se rendre à la cérémonie, quand les mariés sortent de l’église mais comprend qu’il va bientôt mourir et s’assoit sur un banc. Force rouge le voit au loin, vient s’assoir près de lui, ne remarque en rien la blessure, et lui dit de les rejoindre. Le rebelle répond qu’il veut juste resté un peu assis. La série se termine sur lui, mort sur le banc, pendant que l’amour de sa vie se marie avec son meilleur ami, qui a retrouvé l’amour après avoir vu son ex-fiancé se suicider. En effet, à quoi lui servirait-il de vivre encore plus. Il a accompli sa mission en tant que Jetman, a sauvé la terre, mais ne pourra plus jamais trouver l’amour.

FIN DU SPOILER
Vous trouvez que c’est pour les enfants vous ?
Pas moi.

Je pourrais encore vous parler de BEAUCOUP de séries du genre qui ont existé après Jetman. Car en effet, Jetman, en détournant les codes du genre a connu un succès phénoménal, aussi bien auprès des enfants, des parents, et surtout des jeunes adolescents, nouvelle cible des séries. Les ventes de jouet qui avaient atteint des sommets, ont permis à Bandai d’investir encore plus les années suivantes. Et surtout ont permis de dépasser une barrière qualitative aux scénaristes.
La série a sauvé les Sentai. Et ce succès a été l’un des arguments de Haim Saban, le mec qui a créé Power Rangers, lorsqu’il a vendu le concept à la Fox. En montrant les parts d’audience du genre Sentai aux chaînes américaines, il a eu carte blanche.
Voilà donc pour les histoires des Sentai. Cette partie, bien que descriptive, est à catégoriser dans le « pourquoi j’aime les Sentai ».

Cependant, je vais essayer de voir un peu plus loin.

POURQUOI TU AIMES LES SENTAI ?
J’aime les Sentai pour tout ce que je viens d’écrire. 18 pages sur Word ne peuvent être rédigées que par pure passion.
Mais les Sentai m’ont aussi beaucoup aidé dans la construction de ma personnalité je pense. Marine, lorsque nous avons discuté du fait que l’article était peut-être trop descriptif, a fait remarquer que l’on pouvait peut-être creuser et trouver une réflexion sur l’adulescence.
Si je me compare au reste du monde, je pense que je ne suis pas différent et que je suis bien un adulescent. Le succès des films de super héros prouvent que l’adulescence gagne bien tout le monde.
Non, je crois plutôt que cette adulescence mondiale est due au fait que les enfants de notre génération ont eu droit à des enfances dorées de l’écran, et que ce que l’on voit maintenant au cinéma n’est que la retranscription de rêve d’enfants qui voulaient eux aussi voir leurs héros dans les salles sombres.
Cependant, si j’oublie ce contexte, je crois juste que les Sentai sont vraiment vecteurs de beaux messages pour les enfants. Ils leur donnent une vision de ce qui est bien et mal, leur apprend à ne pas juger leur prochain. Mais contrairement aux séries moralisatrices qui vomissent ces messages aux enfants en occident, là tout est…comme dans une bonne série. Tout est supposé, sous-entendu à travers l’histoire, les actions des héros, le contexte, les prises de vue.
Ces séries ont un succès auprès des adultes. Certains magazines leur sont même consacrés. Quand vous lisez les interviews des réalisateurs qui expliquent comment ils ont pu réfléchir aux angles de prise de vue, des compositeurs qui réfléchissent à quelle musique composer en fonction du thème de la série, vous voyez un véritable travail de réflexion, qui ne doit sûrement pas être à la base des séries pour ado… chez Disney Channel par exemple (complètement choisi au hasard)

Ces séries respectent en fait leur audimat : bien que parfois bouffonne, elles savent qu’elles ont à faire à des personnes sensées, les enfants, qui ne sont pas que des cons.
Aux Etats-Unis, je pense que c’est plus la réflexion : notre audimat est con, ce sont des enfants. Créons des conneries.
Je dois vous avouer que mon enfance a été bercée par les Sentai et par les anime japonais. Surtout, j’étais un véritable enfant de la télé. J’adorais la télévision. Mais cela n’a pourtant pas fait de ravage à mon cerveau. Quand je regarde les séries pour enfants de nos jours, hormis Cartoon Network, je ne vois vraiment rien de bon. Vous vous dites que je suis réac, mais bien que DETESTANT la télé japonaise, je suis toujours émerveillé de la qualité des programmes pour enfants.
La chaîne nationale NHK produit des shows éducatifs avec le soutien d’une armée de psychologue, et de spécialistes de l’éducation. Ce que le système éducatif pourri japonais ne fait pas est compensé par la NHK je dirais. Et je crois que c’est ce respect pour les enfants, et donc pour l’audimat, qui fait que j’aime ces séries. J’ai une amie japonaise dont l’enfant m’adore, et avec qui je peux passer des heures à regarder la télé : on danse, on commente ensemble. C’est vraiment génial. Ceci alors que je n’ai pas la télé chez moi.

La grande question reste de savoir pourquoi  la télé japonaise est aussi mauvaise lorsqu’il s’agit de séries pour adultes. Mais je digresse.
Bref, malgré toute la télé que j’ai pu ingurgiter enfant, j’ai toujours ressenti ce respect envers ma personne. Je regardais petit pour les combats, mais venue l’adolescence, j’ai compris qu’il y avait bien plus derrière. Et j’ose le dire : si je suis arrivé où je suis maintenant, à vivre au Japon, sans pour autant faire un travail lié à tout cela, mais un bon travail de bureau bien caricatural, c’est grâce au Sentai. Si je parle aujourd’hui couramment japonais, c’est grâce au Sentai.
Je me révèle un peu à toi cher lecteur. Certains de mes plus proches amis ne le savent même pas.
Voilà, lectrice de Retard. Tu connais mon plus intime secret maintenant.

lundi 13 mai 2013

RENCONTRE AVEC SOASIG CHAMAILLARD par Marine, illustration Anna Wanda


En CE2, moi et ma coupe de Playmobil, on a intégré sous les ordres de ma maman une école catholique. C'est dans ces murs tristounes, entourée de gosses pas super sympas habillés en Cyrillus, que je me suis aperçue que mes parents me voulaient du mal. Ils n'étaient pas mariés, et n'avaient même pas pris la peine de me baptiser : ALLEZ L'ALLER DIRECT POUR L'ENFER, MERCI LE COUPLE DE TARÉS, VOUS VOUS RENDEZ PAS COMPTE QUE JE VAIS PASSER L'ETERNITÉ A CRAMER AUX COTES DE MUSSOLINI ?

Du haut de mes 9 ans, j'ai donc dû prendre une décision. J'ai choisi, pour sauver mon âme, de me convertir à la foi chrétienne. J'ai fait valider au cours des années les différentes étapes : Baptême, 1ère et 2ème confession de foi, confirmation. Tous les mercredis, j'allais même à des cours de cathé pour faire connaissance avec le Christ. J'avais intégré la "TEAM CATHO". La religion était devenue mon dada : ya qu'à voir, je priais (mais seulement quand ça n'allait pas), et j'allais à la messe (mais seulement quand j'arrivais à me lever le dimanche matin). C'était okay : qu'est ce qu'on en avait à foutre si ma vie était nulle, si je mourrais c'était pas grave, j'allais direct glander pépax aux côtés de Dieu, C'EST PAS TROP LA CLASSE ?

Pourtant, à 13 ans, quand on m'a annoncé la mort d'un garçon d'à peu près mon âge, qu'il n'y avait aucune "bonne" raison à ça, et qu'on me disait qu'il ne fallait pas être triste, parce qu'il avait rejoint la droite du Seigneur, j'ai fini par me demander si on se foutait pas un peu de ma poire. Une grosse remise en question s'en est suivie : elle ressemblait à un « DIEU N'EXISTE PAS DONC QUAND JE VAIS MOURIR TOUT SERA TERMINÉ ET J'AURAIS MEME PAS VU LA FIN DE BUFFY ». C'est à ce moment que j'ai rangé ma médaille de la Vierge, pris des cours de tennis le mercredi à la place du cathé, et que je me suis revendiquée comme agnostique, un peu déprimée, certes, mais fière et énervée.
DIEU=CONNERIES.
C'était néanmoins plus facile à dire qu'à faire. A 26 ans, il m'arrive encore de me rendre dans des églises : enterrement, mariage, et même petite visite touristique (ouais, j'aime bien). Et, à chaque fois, j'ai une impression bizarre, comme si je retournais chez un ex. Un ex qui s'appellerait Jésus. Du haut de son crucifix, je sens son regard sur ma nuque qui expliciterait un « Alors, qu'est ce qu'on fout là, toute pimpante, t'avais pas dit que nous deux c'était terminé? » qui me met profondément mal à l'aise.
Du coup, je ne sais pas si c'est parce que je "crois" encore, ou si le lavage de cerveau subi pendant des années a tellement bien marché que je me retrouve incapable de
blasphémer ou de prendre ça à la légère. Nan, je trouve pas "Piss Christ" ultra revendicateur, non, les pièces de théâtre où on chie sur les religions, quelles qu'elles soient, c'est juste pour moi de la provoc facile et pas très maline. Super, et merci à toi, culpabilité judéo-chrétienne, de m'infliger ces réflexions d'un ennui mortel, dignes d'un vieil abonné à "La Croix".
Mon petit coeur qui pourrait manger du poisson le vendredi et qui porte parfois un serre-tête aurait pu donc être choqué par le travail de Soasig Chamaillard. N'empêche que ses oeuvres me fascinent. C'est mon super ami François qui m'avait parlé de cette Nantaise qui détourne avec brio depuis quelques années de vieilles statues de la Vierge pour en faire des icônes pop. Avec respect, elle donne vie à des Maries complètement dans l'air du temps. Le résultat est beau, drôle, provocant sans être insultant, et arrive quand même à réveiller l'ancienne catho qui sommeille en moi d'un gros « Rolala, la Vierge Marie, quand même".  Du coup, comme j'aime beaucoup le travail de Soasig, et que je me demandais comment elle a pu assumer de détourner ce symbole sacré, j'ai voulu lui poser quelques questions. Elle a eu la gentillesse d'y répondre un samedi matin, très tôt, sur Skype, il y a quelques mois. Je sais, je suis grave à la bourre (rappelle toi le nom de ce blog, quand même). N'empêche que vous allez voir qu'on a tous eu raison de patienter. Les "Apparitions", et Soasig, valent carrément le détour. 
Rencontre avec une artiste qui jongle avec le féminisme, la spiritualité, la culture pop et, parfois, quelques cathos fondamentalistes un peu relous.


Comment as tu débuté cette série de sculptures de Vierges Marie, “Apparitions” ?
Je travaillais à l’origine sur des installations, des morceaux de murs qu’on arrachait et qu’on remettait ailleurs, ça n’avait donc rien à voir. En me baladant dans une brocante avec mon père, je vois une très jolie Sainte Vierge. Il me dit de la prendre, elle n’était pas chère. Je lui rétorque que je ne vais pas mettre ça chez moi et je décide de ne pas la prendre. Quelques temps après, je revois mon père, et je constate qu’il m’en avait acheté une, trouvée cassée à Emmaus. Il savait que je pouvais la réparer. Je l’ai entreposé dans mon atelier et j’ai continué de faire mes trucs. Elle a du rester là-bas un an, et j’ai fini par me dire que c’était bête de ne pas essayer au moins de la réparer. C’était quand même un objet qui me plaisait, que je trouvais très beau. J’ai commencé à refaire le socle, les pierres, et au moment où je suis arrivée aux pieds, cela devient évident qu'il ne ressemble pas au pied d’origine. J’ai ma pâte de sculptrice, je n’y peux rien. J’ai déjà entamé un processus de transformation, à quoi ça sert de la rénover comme si elle était d’origine ? C’est comme cela qu'elle est devenue “Sainte Geisha”. Je me suis demandée ce que j’aimais bien, et tout de suite m’est venu à l’esprit cette icône japonaise hyper connue. Rien à voir évidemment avec la Vierge, mais c'étaient deux figures féminines fortes de cultures différentes. Il se passait quelque chose quand on les associait. Quand je l’ai terminé, je me suis dit que je pouvais en faire plein. Je ne me définissais pas que par mon amour pour le Japon, je suis une jeune femme de mon époque et j’aime plein de choses. Ce travail, pensais-je, prendrait sa force dans la multiplication des propositions, et rendrait la réflexion plus interessante.

Quelle est ta formation d’origine ?
J’ai fait les Beaux-arts de Nantes. A l’époque, on devait choisir une option, et ça m’a un peu perturbé. On avait le choix entre art et communication. Les professeurs disaient que si nous choisissions « art », c’est que nous étions égocentriques, et si nous choisissions « communication », c’est qu’on était tourné vers les autres. Je me suis dit que je n’avais pas envie d’être cette fille qui se regardait le nombril : j’ai pris communication. En fait, je me suis complètement plantée, et j’ai arrêté en quatrième année. Du coup, je n’étais pas vraiment spécialisée en sculpture, mais je faisais pas mal de volumes comparés aux autres.

Comment définirais-tu ton travail ?
Je suis à la frontière de plein de cases. Mes statues ont été exposées dans des magasins de décoration. Elles sont dorénavant dans des galeries, et je me suis même retrouvée dans des magazines de design. Je trouve que c’est typique de notre époque. Tout se mélange, les frontières sont floues.

Quand tu as commencé la série des Vierges, tu avais un projet, une réflexion, ou juste l’envie de t’amuser ?
Mon responsable aux Beaux-Arts m’appelait “L’innocente aux mains pleines”. Je crois que je travaille intuitivement, et que je ne me rends pas compte de ce que je suis en train de faire au moment où je le fais. Comme de l’écriture automatique. Par contre, avec les années, je constate que mon travail parle de la femme, de sa condition, de sa position, de sa place dans la société judéo-chrétienne.

Il y a aussi toute une dimension religieuse dans ton travail. Proclamant une certaine liberté, j’ai quand même suivi des cours de cathé, et j’ai encore personnellement du mal à détourner ses codes : est-ce difficile pour toi ? Marie a t-elle encore une dimension sacrée ?
Elle a de toute façon une dimension sacrée, qui n’est pas forcément celle que je lui donne. Ca me sert dans mon travail : sans, cela ne créerait pas les mêmes chocs, les mêmes réflexions. Maintenant, si j’ai eu du mal à travailler sur cette statue, cela vient aussi de mon éducation, de l’image que j’en avais. Ce premier pas a été difficile, il a fallu que je me l'autorise. Je n’aurais jamais explicité un “Et, tiens, si j’allais détourner des Saintes Vierges ?” C’est tellement incongru...

Est ce que tu vois la Vierge Marie comme une figure féministe ?
Marie n’est pas du tout féministe, elle donne en plus une modèle de perfection et de vertu, qui n'est pas facile à assumer pour la femme. Elle me sert d’autant plus à passer un message en l’associant avec des icônes de notre époque qui disent des choses complètement différentes. Du coup, je n’ai pas besoin de pointer du doigt quoi que ce soit, ça se fait tout seul, par association.
Le féminisme est de toute façon comme la religion, multiple. Je ne pense pas faire partie d’un courant particulier. Je crois à la femme, mais je n’ai pas choisi d’Eglise. J’espère juste que mon travail pourra susciter une réaction. Il sera de tout façon compris différemment selon le public. Certains y voient une démarche féministe, d’autres une recherche de spiritualité...

Tu as été surprise par les réactions face à tes oeuvres ? Certains catholiques étaient pas mal remontés (ndlr : Ami lecteur, tape sur Google "Soasig Chamaillard et Catholique" et tu vas comprendre)...
Naïvement, je n’avais pas trop saisi où j’avais mis les pieds. Ma démarche est tellement arrivée petit à petit, qu’à aucun moment je me suis dit que j’allais “choquer du catho”. Ils ont mis en plus beaucoup de temps à réagir. J’ai débuté en 2006, et les "Apparitions" ont suscitées des réactions très fortes en 2011. C’est assez long, donc j’imaginais qu’ils arrivaient à faire la part des choses, entre l’art et la religion, qu’ils n’étaient pas choqués par mon travail. Mais la chose qui m’a vraiment surprise, c’est qu’on ne pouvait pas discuter. Au début, j’ai essayé de comprendre ce qui les gênait, de leur faire part de mon point de vue. Je me suis aperçue que c’était de l’énergie perdue. La discussion n’était pas ouverte. Ils avaient juste envie de me dire à quel point mon travail était blasphématoire, point barre. J’ai donc arrêté de répondre. On ne peut pas plaire à tout le monde. Je reçois quand même beaucoup de messages de catholiques qui ne trouvent pourtant pas du tout mon travail insultant, et qui ne comprennent pas cette levée des boucliers.

Quels étaient leurs arguments ?
Ils m’avaient dit qu’ils trouvaient que la femme était déjà l’égale de l’homme. Je leur ai dit que je ne le pensais pas. Ils m’ont rétorqué : “Derrière chaque grand homme, il y a toujours une femme, dans l’ombre, qui a tout soufflé”. Pourquoi alors était-elle dans l’ombre ? Pourquoi elles étaient "le cerveau" et les hommes "l’image" ? On me répondait que les femmes n’avaient pas besoin d’être dans la lumière, que leur vertu première, c’était la modestie. Mais c’est la société qui a voulu ça, pas les femmes ! On leur apprend à être à cette place, à ne penser qu’aux autres, à l’empathie constante...
Ces remarques t'ont-elles donné envie d’arrêter ?
Je me le suis dit deux minutes. Mais je suis assez têtue, et quand j’ai envie de faire quelque chose, je le fais. Je regrette néanmoins comment ça s’est passé, certains propos qui ont été dits. Mais bon, on vient de milieux différents, on a eu une éducation différente, l’incompréhension était évidente...

Tu te verrais travailler Jesus, genre sur le crucifix ?
Ca ne m’est pas venu à l’idée, je n’ai pas envie de travailler sur les hommes, tout simplement. Peut-être qu’un jour je me pencherais dessus néanmoins, je n’en sais rien. Il y a quelques hommes dans mes statues, une Pieta, deux trois avec des têtes de peluche... c’est comme ça que je les apprivoise pour le moment.


Comment définirais-tu ton travail ? Une Ode à la femme ?
Je ne sais pas si c’est à ce point là, mais une réflexion sur la place de la femme aujourd’hui. Une réflexion aussi sur la foi, ce n’est pas anodin de travailler sur la Vierge Marie. Peut-être aussi une réflexion sur la foi en la femme, qui sait ?

J’y voyais aussi une reflexion sur la société de consommation...
Evidemment. Déjà, je ne travaille qu’avec des objets de récupération, ça dit quelque chose. Tout sujet sur lequel je travaille, les plâtres, sont issus de séries que je trouve à la brocante, qui n’ont plus aucune valeur, et qui sont destinés à la poubelle. Qui achète des Vierge à la main cassée ? Je les transforme en objet unique, et, même si elles perdent leur portée mystique, elles prennent un autre chemin.

Quelles sont tes influences ?
Quand j’étais au lycée, j’étais complètement fascinée par Nikki de Saint Phalle. Avec le recul, je vois à quel point il y avait un message féministe dans son oeuvre. Puis elle travaillait avec Tinguely, qui lui privilégiait les objets de récupération. Ca me parlait tout autant.

Combien as-tu fait de vierges ?
On approche la cinquantaine. Il en reste peu à vendre, mais j’ai fait aussi des séries limitées de huit Maries, qui comptent "Sainte Barbie", "Super Marie" et les "Forces Fluos". Celles-ci, il en reste un peu. Les chiffres peuvent sembler "spectaculaire", mais ils ne le sont pas vraiment : 50 statues ont vues le jours depuis 2006, ce n’est pas énorme par année, sachant que c’est ma seule activité. Je travaille assez lentement. Quand je me dépêche, ça ne va pas. J’ai besoin de prendre du recul. 
Par contre, je vois toujours le fait que mes statues soient vendues comme une reconnaissance, même si ça fait bizarre de devoir s’en séparer.

Il y en a une que j'aime beaucoup, avec deux vierges Marie aux couleurs du drapeau gay...
J’ai offert l’image à une association qui lutte pour les droits des homos, les Dures à Queer. Ils ont droit d'en faire ce qu'ils veulent. Je me doute bien que ça ne va pas être facile à utiliser pour eux, comme symbole...Mais bon, ils vont faire très attention.

Qu’est ce qu’on peut te souhaiter ?
Une exposition à l’international ! J’aimerais beaucoup que mes Vierges partent dans d’autres pays. Elles circulent sur le net, mais ça serait bien qu’elles s'installent dans des galeries. L’occasion ne s’est pas encore présentée, il faut, je pense, que je fasse mon chemin...Je dois montrer que mon travail n’est pas anecdotique, que ce n'est pas que de l’intuition, mais qu'il y a une vraie démarche.

Quelle est la prochaine ?
La sirène est déjà visible sur le blog, et pour la prochaine, j’ai déjà l’idée, mais je préfère ne rien dévoiler !



Toutes les photos sont évidemment copyright Soasig Chamaillard (mais ça tu sais ami lecteur, t'es pas bête).

vendredi 10 mai 2013

SENTAI SECONDE PARTIE par Vincent, illustration Anna Wanda



J’ai commencé à regarder les Sentai très très petit. Je devais avoir quelque chose comme 3 ou 4 ans, je m’en souviens. Mon frère avait eu le robot de Liveman, qui était arrivé chez nous sous le nom de Bioman 3. Eh oui, les Sentai, avant Power Rangers, on les avait déjà chez nous grâce à notre chère amie Dorothée, qui fait même un guest apparence dans la série ! C’est le Doctor Dorothée, un pur perso Deus Ex Machina, qui permet de mettre fin aux plans des méchants dans l’épisode 30. Si vous avez bien lu jusqu’à là, vous devriez voir ce qui se passe en substance dans l’épisode 30 (la mise en action d’un plan de la mort à la 11ème minute)

Le robot de Liveman fut d’ailleurs mon point de départ dans le Sentai. J’y jouais sans cesse, je l’adorais, je trippais à le démonter et le remonter. Donc commençons par le commencement.

Pourquoi j’aime les Sentai :


LES ROBOTS


Même si beaucoup de robots peuvent offrir des designs géniaux, rien ne vaut pour moi un robot Sentai. En effet, ils ont la particularité de s’assembler, mais dans des designs simples, en couleur, qui plaisent aux enfants. En fait, c’est pas si simple. Si on s’en remet aux premiers designs de robots transformables d’anime des années 70, on verra que c’était juste du grand n’importe quoi. Getter Robo, le premier robot transformable de Go Nagai (le mec qui a fait Goldorak), avait wouh, trois différentes combinaisons qui…quand on voit la vidéo n’ont aucune logique. Les vaisseaux s’encastrent par la magie du celluloïde que j’utilise comme je veux, dans une grosse diarrhée visuelle. Bon, j’aime beaucoup les designs des trois modes, mais de là à dire que cela relève du génie

Prenant maintenant en comparaison le premier robot à parties des Sentai. Celui de Sun Vulcan. Deux parties, qui s’assemblent dans quelque chose de logique. Cependant, la partie « jambe » qui devrait représenter une grue n’en a que le nom…on est encore loin, mais l’idée est là. Pour moi, l’apothéose arrive avec Maskman. 5 parties, un design magique, une scène de transformation classe.

Mais la révolution, c’est Liveman, le premier robot que j’ai eu. Liveman, c’est un faucon, un lion et un dauphin qui s’assemblent. Mais surtout, les véhicules RESSEMBLENT AUX ANIMAUX. Alors ça peut paraître complètement anecdotique aux profanes, mais c’était la révolution dans le mecha design à l’époque. Dans la série, la scène du lion qui court atteint des sommets dans la fluidité.
C’est une référence du cinéma Tokusatsu. Je vous le rappelle, on est en 1988, et en 1987, chez nous on avait Robocop qui nous présentait le robot ED 209.


Je vous laisse juger.
http://www.dailymotion.com/video/x43hy3_liveman-liverobot-2-vo_fun#.UQ43uKXZZQg 
(si vous trouvez que l’animation du ED 209 est meilleure, vous jugez mal)

De nos jours, les designs ne sont pas au niveau d’antan à mon goût. Mais on a toujours de bonnes surprises. Si vous voulez vous en mettre plein les yeux, voilà les scans d’un livre référence pour ces designs.

Bref, les robots transformables, c’est mon truc. Quand j’étais petit, je m’amusais à dessiner des robots pour des séries que j’inventais. A 8 ans, j’avais imaginé un design que je trouvais révolutionnaire. Je rêvais de voir la chose appliquée un jour, car cela ne paraissait pas du tout impossible. Quelle ne fût pas ma surprise quand ; en achetant le livre susmentionné à 16 ans, je découvrais dans les rough sketch la même idée de design que j’avais eu à 8 ans. Elle n’a toujours pas encore adaptée alors qu’elle date de 1995, quand j’avais 9 ans soit UN AN APRES QUE JE L’EUSSE IMAGINEE. Je me suis persuadé alors, que j’étais connecté avec les mecha designer. Les théories de l’intelligence collective traversait les frontières et je me retrouvais à prendre part à la
communauté des créateurs de Tokusatsu. Je sentais que mon avenir se trouvait là-dedans, que j’étais fait pour ça car…

En fait non, parce que putain, qu’est-ce que je dessine mal !

Je compense donc par l’achat de robots. J’en ai à vrai dire toute une collection. Marine s’en souvient. Ils sont disposés sur une étagère juste au-dessus de mon lit. Ils sont pour la plupart équipés d’une épée qui dépasse de l’aire des planches des étagères. Lorsqu’on a la tête sur l’oreiller et qu’on regarde en l’air, on en voit les pointes, et quand Marine venait dormir chez moi, dans mon lit, elle flippait car elle pensait mourir si les robots venaient à tomber à cause des épées (si les robots venaient à tomber, c’était surtout à cause d’une étagère qui tombait, soit dit en passant, donc plus de chances de mourir à cause d’une étagère sur la gueule qu’à cause de deux vieilles épées en plastoc, mais Marine concentre souvent son attention sur des broutilles)

De nos jours, j’en achète moins, mais j’en achète de qualité : je recherche d’anciens robots en vivant à Tokyo, et je n’achète pas automatiquement les robots des séries en cours. Si le design est moche, je me calme. Il faut dire ce n’est pas avec l’âge que je me suis calmé, c’est vraiment que les lignes sont de moins en moins sexy. Si un jour, ils reprennent des designers qui ont un goût pour le revival, je me jetterai comme un gamin de 6 ans dessus.

Quoiqu’il en soit, les robots, c’est à la fin des épisodes, et ce n’est qu’une partie des séries. En plus ils sont la plupart du temps complètement détruits dans les derniers épisodes. Si mon amour ne tenait qu’au robot, je pourrai même ne pas regarder les séries. Il y’a donc d’autres raisons pour ma fan attitude. Voyons d’abord l’aspect esthétique.


LE DESIGN DES ARMURES 
(ou des tenues de gymnastes en spandex, moi je dis armures, car c’est ce qu’ils disent dans les séries)

Je pourrais vous parler des heures des designs des armures, les designers eux-mêmes, mais je vais rester dans le « pourquoi j’aime ».
Bon alors les armures, je les trouve génial pour plusieurs raisons. Tout d’abord les couleurs !
Le rouge, le jaune et le bleu sont la base ! Dans une équipe de trois, ce sont les trois couleurs primaires qui sont choisis. Rose, noir, vert, doré, argenté, violet, blanc, etc. Ensuite on choisit ! (même s’il y a eu deux séries sans jaune). J’aime car ça vend du rêve aux enfants. Ça en met plein la vue, c’est un festival de couleur. Les héros quand ils posent, ils ont toujours des explosions derrière eux, et parfois de la couleur de leur armure. C’est classe, ça fait du bien aux prunelles. Et puis c’est super rainbow flag, ça doit être pour ça que j’adore.

Ensuite c’est le design des armures lui-même qui me plait. Parfois avec quelque chose de très simple et des concepts épurés, on arrive à avoir des choses que je considère moi, comme classe. Mais plus qu’autre chose, ce sont les casques ! Je suis dingue du design des casques. Il y a unerecherche derrière que j’adore. En effet, on peut s’amuser à voir où sont les détails. Et puis surtout il y les casques bizarres, qui ne sont pas juste une visière noire. 
Prenons Ohranger qui combinent les deux éléments que je viens d’expliquer  :



Les visières sont complètement dingues. Comment elle voit la connasse en jaune, j’en sais rien, mais c’est génial. Et vous voyez le truc. Etoile, 5 branches, carré, 4 côtés, triangle,3 côtés, deux barres, rond ? C’est leur grade dans l’équipe ! C’est tout nul, je sais, mais ça a vraiment de la gueule à mon goût.

Mais surtout, mais surtout…les casques d’équipe qui ont pour thème des animaux, où la visière représente la gueule ouverte desdits animaux. Bon exemple, Gaoranger !



Vous les voyez les profils d’animaux. C’EST PAS GENIAL ? Réponse…oui.

Bref, c’est cet amour du détail, si propre je pense aux japonais, qui me fait aimer ces super héros. Je ne sais pas, si on les compare aux héros américains, on peut avouer que ces derniers, ce ne sont vraiment que des mecs en collant ou dans des costumes de carnaval. Là, on a la recherche d’une unité, d’une logique dans le design, d’un lien entre le pouvoir et l’armure. Franchement,
Spiderman, POURQUOI IL A CES YEUX LA ??? C’est QUOI LE RAPPORT AVEC UNE ARAIGNEE ???

Vous vous êtes jamais demandés ça vous ? Tu prends Wolverine. Vous savez ce que c’est un Wolverine vous ? C’est ça

Mais le design du mec, qui a des pouvoirs qui n’ont aucun rapport avec l’animal (à part peut-être d’être un petit teigneux. Oui, Wolverine, avant Hugh Jackman, c’était censé être un nabot), c’est ça.

Je comprends pas…

On pourrait continuer pendant des heures. Chaque série a son lot de surprise quant aux armures. Mais je suis à déjà 12 pages sur Word, donc je vais me calmer.

Passons à la suite


LES CHOREGRAPHIES (poses et combats)


Je ne vous avais pas dit. Sentai, ça veut dire « équipe de combat ». C’était un mot utilisé à l’époque pour désigner une unité militaire. Donc qui dit Sentai dit combat, et qui dit asiatique dit arts martiaux. Et qui dit arts martiaux dit kata (ce sont les enchaînements qui servent à se souvenir des mouvements mais qui sont souvent esthétisés). Les héros de Sentai, après s’être transformés, se présentent toujours en criant leur nom et en faisant un kata justement. Le fait qu’il crie leur nom, c’est une chose qui était toujours faite par les Samurai pour se faire connaître de leurs ennemis.
Quand on voit ça, ça peut paraître ridicule, même aux yeux des Japonais, mais cela a en fait une origine assez profonde.

Ces chorégraphies me plaisent. Je trouve qu’il s’en dégage une vraie classe. Ca ordonne l’équipe, cela permet de faire comprendre que dans deux secondes cela va être la vraie bagarre. Si on prend THE série des dernière années, Samurai Sentai Shinkenger, on obtient ça. Je trouve ça assez cool.



(il faudrait prendre le lien de cette vidéo à 15min20 (si tu fais un clic droit sur la vidéo pendant la lecture, tu peux avoir l’URL de la vidéo à ce moment là). Enfin, en gros quand ils se transforment. C’est copyrighté ici, donc je peux pas accéder à la vidéo depuis le Japon. MERCI)

Mais pas aussi cool que la vidéo suivante, où les héros font les poses sans leurs costumes. Pourquoi ? En fait, vous vous en doutez, mais les acteurs ont des doublures sous les costumes. Cependant, lors des derniers épisodes, afin de remercier ces doublures, les acteurs sous sont les costumes, mais surtout, la chorégraphie de début de combat en civil est devenue une tradition.
Donc les mecs que vous voyez, c’est genre vous et moi niveau arts martiaux, et ils se sont entraînés à fond pour bien faire les mouvements. Je dis respect.

lundi 6 mai 2013

RENCONTRE AVEC OPALE par Marine, illustration Anna Wanda


Elevée par une maman qui aimait beaucoup le cinéma, je dois confesser aujourd'hui avoir passé pas mal de journées en pijama devant Canal + à regarder de grosses daubes sentimentales. A force d'en manger à toutes les sauces, je me suis aperçue, certes, que je devenais cucul, mais qu'aussi, certaines scènes revenaient régulièrement, des marronniers du film de merde. Souvent, par exemple, il y a une séquence où les protagonistes se retrouvent devant une performance/un concert pourri. C'est toujours à peu près le même. Devant un parterre de gens aux airs pédants, affublés de lunettes à grosses montures et de cols roulés noirs, un mec fait des trucs super nazes et tous pétés (du genre poésie sonore), et tout le monde semble trouver ça fascinant (sauf nos protagonistes qui se casseront en rigolant, et s'arreteront à l'entrée pour se zieuter longtemps et finir par se rouler une énorme galoche).
Alala, ce qu'Hollywood peut-être relou avec ses gros clichés.
Ca, c'était ce que je pensais, avant de me retrouver à un concert d'expé à Paris.
La plupart du temps, à un concert d'expé, t'es dans un endroit bizarre (squat/ MJC en banlieue lointaine/Sous sol d'un lieu pluridisciplinaire tout neuf qui sent l'ennui), entourée d'étudiants en arts très beaux qui font tout leur possible pour te faire comprendre physiquement à quel point cette soirée est super nulle. Tous assis dans la même direction (ouais, on est souvent assis à un concert d'expé, j'ai jamais vraiment compris pourquoi), on écoute sans sourire un mec qui se touche la nouille au travers de machines électroniques bien chères, replié sur lui-même (coucou, ya un public quand même) et qui mange un micro sur lequel il a évidemment mis des effets.
Musicalement, ça donne un truc comme BRRRRRRRPLIIIIIIBOMBOMBOMBRRRRRRRPALALALAATRRRRRRRRRRRRRBOMBOMBOMbûûûûûûûûûûûûûûûûûTRRRRRIIIIIII, et qui tourne en boucle. Il faut le savoir, un concert d'expé se limite souvent à un énorme drone sur lequel tu dois rester concentré sans sourciller. Des fois c'est cool, souvent c'est super nul, mais va essayer de prendre la fuite et rejoindre le bar (qui ne sert que du vin rouge) quand il n'y a pas de fin à un morceau qui dure 43 minutes.
C'est pour toutes ces raisons que l'expé et moi, on n'est pas vraiment amis pour la vie.
Néanmoins, je ne suis pas qu'une conasse girly pupute qui met « tout le monde dans le même panier ». Comme dirait Didier Super, yen a des biens. TG, dont j'espère vous parler prochainement, un Justin Timberlake installé en belgique, créateur de r'n'b expé trop classe (clique ici pour voir à quel point c'est bien), nos potos de Feu Machin, qui font de la musique électro comme une couette chaude pour ton petit coeur, et les filles d'Opale.
Ce duo féminin et parisien sort prochainement un ep chez Stellar Kinematics et Heia Sun, le label d'Edouard, de Jade et de Samuel. Ces garçons discrets ont les gouts musicaux les plus surs que je connaisse : je squatte à chaque fois le dancefloor super tard à leurs soirées. J'ai donc écouté les morceaux de leurs nouvelles protégées les yeux fermés, et je les ai réouverts pour regarder le teaser de « Sparkles and Wine ». 


Putain, un clin d'oeil au superbe long-métrage jamais terminé de Clouzot « l'Enfer », avec une fille presque aussi jolie que Romy Schneider (quand j'étais petite on me disait que je ressemblais pas mal à Romy. Maintenant, on dirait plus Clovis Cornillac il parait). J'en aurais presque chialé. La musique, sombre et glaciale, confrontait parfaitement l'image, un travail ultra soigné pour un jeune groupe sur lequel je ne savais pas grand chose, mais dont on m'avait garanti « qu'on avait pas fini d'en parler ».(C'est Charlotte pas du tout bourrée qui m'avait confié ça devant la porte d'un squat, pendant qu'une fille à moitié à poil faisait dehors une performance où elle « convoquait les gens par le regard ». Bordel les mecs. Arrêtez l'expé, et profitez-en pour arrêter les performances aussi)
J'ai donc envoyé des questions à Edouard, qui s'est chargé de les transmettre aux filles. On vous présente donc Opale, qu'on verra le 8 mai à l'Espace B, et prochainement au village label de la Villette Sonique. Prépare toi : leur musique tournera en boucle pendant les heures difficiles que connaitra ton âme.
(Classe cette conclusion hein)

- Qui est Opale ?
Nous sommes deux filles Sophia et Rocío, et nous faisons un peu la même chose. La répartition dans le groupe est la même et nos fonctions aussi. On utilise des synthétiseurs analogiques et boîtes à rythmes et somme toute les deux aussi au chant.

- Comment vous êtes vous rencontrées ?
Nous nous sommes rencontrées dans la nuit, à la sortie d’un bar du XIème, par hasard et ça s’est fini dans une fête complètement ratée... Avec le recul, cette fête n’était pas si ratée que ça, puisque nous voilà aujourd’hui !

- Vous aviez joué dans d'autres groupes avant Opale ?
Sophia : J’avais un projet solo, « Playground », puis est né Opale avec la rencontre de Rocío.


- Comment définir votre musique ?

Un moyen d’exprimer notre coté mélancolique. Notre musique est remplie de lumière. L’expression «Luminescent Wave» décrit très bien notre projet.

- Quelles ont étés vos influences pour ce projet ?
Nous n’avons pas été influencées par un ou des groupes en particulier, on a clairement des influences 80s, dark wave, minimal wave. Mais notre plus grande influence c’est notre état esprit.

- Et les choses que vous vouliez éviter ?
Nous n’avons pas eu de limites à ne pas franchir, nous n’avions pas d’obstacles en particulier. Nous avons été et serons toujours très ouvertes. En composant, on ne pense pas au futur et à ce que notre musique peut refléter. Tout nous vient sur le moment, c’est une façon de nous exprimer librement, naturellement.

- Vous évoluez dans une sphère expé/électro assez masculine : est-ce un avantage d'être une formation féminine ou un inconvénient ou vous vous en foutez ?
On n’a jamais vu le fait d’être une femme comme un inconvénient.
On sait qu’on est entourées d’hommes mais on ne veut pas profiter d’être des femmes pour en tirer avantage.

- Votre musique est très cinématographique, et le teaser pour "Sparkles et Wine" en est un bel exemple. Quels sont vos liens avec l'image ?
Rocío : L’idée de faire un hommage à un des meilleurs réalisateurs du cinéma français est la mienne. J’ai toujours été très liée au cinéma et fascinée par la capacité des images à exprimer des sentiments sans avoir besoin de paroles. Le son et la musique sont les éléments qui collent le mieux aux images, donc je les trouve presque indissociables. Le fait de s’inspirer des films ou penser toujours en images nous ouvre à une grande créativité en faisant de la musique.

- Vous sortez votre premier opus chez Stellar Kinematics et Heia Sun : comment se sont passées ces rencontres ?
Sophia : J’ai sorti mon premier EP « Playground » avec Stellar Kinematics, et j’ai ensuite rencontré Samuel de Heia Sun grâce Brian Pyle (Ensemble Economique) , puis j’ai ensuite décidé de sortir ce premier opus chez Stellar et Heia Sun car on adore travailler avec eux, ils sont comme une famille pour nous.






- Vous avez collaboré avec de nombreux artistes : quelle a été celle dont vous êtes les plus fières ? De nouvelles envies ? Avec qui ?
Sophia : C’est une fierté d’avoir travaillé avec des artistes comme Brian Pyle (Ensemble Economique) et The Voyeurist, j’ai beaucoup appris avec ces collaborations. Je suis actuellement en préparation d’un album avec Maya Postepski (Austra, Trust) qui sortira début 2014.

-Nouvelles collaboration en tête? 
Beyoncé.

- Vous serez au Village Label pendant la Villette Sonique : stressées ?
Un peu stressées. C’est notre premier festival, on est très contentes de pouvoir jouer là-bas.

-Des rêves pour Opale ?
Une longue carrière.

- Vos projets pour 2013 ?
La sortie de notre album « L’incandescent » le 25 mai, une tournée aux Etats-Unis et au Canada en Aout, quelques dates en Europe et l’écriture de notre deuxième album!

- Edouard d'Heia Sun a fait deux jeux de mots avec votre nom de scène. "Opale Masqué" et "Opale Gangnam Style" : vous avez un préféré ?
Opale Masqué bien sur.

-On se voit le 8 mai à l'Espace B ?
Avec plaisir.


Premier Album "L'incandescent"
Sortie le 25 mai (Heiasun / Stellar Kinematics)
Disponible en LP & Digital
En concert l'espace B le 8 mai
https://www.facebook.com/events/433330443415880/
En concert à Villette Sonique - Village Label le 26 mai à 16h00